La restauration du moulin

La restauration du moulin

Après être resté plus de trois ans complètement à l’arrêt, le moulin commençait à se déteriorer sérieusement. Si, à l’intérieur, les souris s’en donnaient à coeur-joie, à l’extérieur, c’est la roue qui se délabrait de plus en plus. Le site même de la roue devenait d’ailleurs pratiquement inaccessible. Les premières interventions ont ainsi eu pour objectif de débarrasser le roue de tout ce qui l’empêchait d’encore tourner.

Le début…

Ces travaux ont débuté en août 1997 par la démolition du mur qui menaçait de s’effondrer sur la roue. Ce mur, partiellement constitué de blocs de pierre, n’a été reconstruit qu’en partie. Ce qui rend la roue beaucoup plus visible aujourd’hui qu’à l’origine.

Une fois le mur réparé, il a fallu débarrasser la roue de tout ce qui était rouillé. Il a fallu pour cela découper au chalumeau plus de 400 boulons afin d’enlever ce qui restait des 36 augets de la roue.

A l’hiver 1997-98, il ne restait plus que le squelette de la roue sur lequel allaient venir se greffer, quelques mois plus tard, les 36 nouveaux augets façonnés pendant l’hiver…

Le remontage de la roue

Pendant l’hiver 97-98, les 36 nouveaux augets ont été façonnés dans un atelier du village. Le pliage des augets a été, en partie, réalisé à la main ! Le remontage des nouveaux augets a débuté au printemps suivant. Il a fallu pour cela percer, sur place, près de 700 trous et serrer autant de boulons. Chaque auget pesant une trentaine de kilos, c’est un peu plus d’une tonne de tôle qu’il a fallu fixer sur la roue.

 

La pose des nouveaux augets a pris deux jours. C’est relativement court par rapport au temps qui a été nécessaire pour préparer cette opération. Le démontage et le nettoyage de la roue a été une des étapes les plus longues. De nombreuses heures passées à réaliser des travaux de maçonnerie ont été indispensables avant de pouvoir accéder facilement à la roue. Les augets ont été conçus différemment des augets d’origine. Cela a demandé de nombreuses heures de réflexion et de nombreux essais avant de se lancer dans la fabrication « en série ».

Le résultat en valait la peine :

De l’eau pour la roue…

Parallèlement à la restauration de la roue, il a fallu remettre en état le chenal d’amenée des eaux, qui relie le bief à la roue.

A moitié rempli de vase, il a du être nettoyé, puis réparé, car il était troué de partout. Le bec du déversoir a également été réparé.

En même temps, le système de levier assurant l’ouverture et la fermeture de la vanne molleresse a été démonté, nettoyé et repeint avant d’être remonté. La planche de la vanne a été remplacée.

Le toit qui recouvrait ce chenal métallique a, quant à lui, été démonté afin de permettre un meilleur accès à la vanne. Cela permet également une meilleure compréhension du système d’ouverture – fermeture de la vanne.

A l’extérieur du moulin, l’essentiel avait ainsi été réalisé et, le 31 mai 1998, la roue pouvait se remettre à tourner…

Le grand nettoyage

A côté de la restauration de la roue et de son mécanisme, il a été nécessaire de s’occuper de l’intérieur même du moulin. Pendant trois ans d’inactivité, les ravageurs de tous poils (c’est le cas de le dire) ont fait plus de dégâts qu’ils n’en avaient fait pendant les nombreuses années durant lesquelles le moulin avait fonctionné de manière continue.

Avant la restauration, le moulin de Gentinnes était toujours en ordre de marche. Par rapport à d’autres moulins, il était bien conservé. Ces deux photos datent de 1994, alors que le moulin fonctionnait encore, vaille que vaille… Elles montrent l’état du moulin à cette époque.

L’essentiel de la restauration du moulin a en fait constitué en un grand nettoyage… par le vide ! Toutes les machines ont été démontées, nettoyées, révisées et, le cas échéant, réparées. Tout ceci ne s’est pas fait du jour au lendemain et la première des priorités a été de réparer la paire de meules utilisée pour moudre les aliments pour le bétail.

Dans l’ordre, les étapes suivantes ont été franchies, l’une après l’autre :

  • Remise en état d’une paire de meules et du monte-sac. Ce sont les premières machines qui ont recommencé à fonctionner en même temps que la roue.
  • Démontage et nettoyage des trois autres paires de meules. Démontage de toutes les anches en bois et remplacement d’une partie de celles-ci.
  • Démontage et nettoyage des… nettoyeurs.
  • Réparation et remise en fonction de la génératrice de courant.
  • Remplacement partiel de l’élévateur à farine. Démontage et nettoyage de tous ses godets.
  • Nettoyage et réparation du blutoir. Remplacement et placement d’une nouvelle soie.

Tous ces travaux ont mené le moulin à l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui. Mais la restauration ne s’est pas limitée à l’entretien des machines. Au niveau de la seule chambre des meules, par exemple, les plafonds et les murs ont été réparés et repeints (1999). Quant au plancher, il a été récemment entièrement remplacé (2001).

Tout n’est pas encore terminé, mais le moulin fonctionne, ce qui était loin d’être prévisible en 1995 quand il s’est arrêté de manière définitive, du moins le croyait-on…